Le deuil chez l’enfant

Perdre son père, sa mère, son frère ou sa sœur est une grande épreuve quand elle fait irruption dans les années précieuses de l’enfance. L’enfant ou l’adolescent qui est confronté devra grandir et se structurer avec le chagrin et la colère, la tristesse et le sentiment d’injustice.

A compter de la mort de son parent, il devra faire sans, tout en vivant et en grandissant, et il aura une tâche supplémentaire de vivre de deuil.

Il devra cohabiter avec le manque, l’absence, et à l’autre, ce parent restant qui le jour de la mort devient « un autre ».

L’enfant devra aussi faire vivre en lui ce parent mort et cohabiter sa propre vision de la personne avec celles de son entourage lui donne.

 

Comment les enfants perçoivent ils la mort ?

Pour un enfant la mort, n’est pas naturelle elle est toujours la conséquence de quelque chose, il cherche un coupable.

La mort est réversible,

La mort est contagieuse, pour les autres membres de sa famille et pour lui.

 

L’enfant perçoit de manière différente la mort en fonction de son âge :

De 0 à 3 ans, l’enfant n’a pas conscience de la mort.

Pour lui il s’agit d’une absence prolongée ( abandon physique de l’odeur, du toucher…)

 

De 3 à 6 ans, l’enfant pense qu’il est la cause (pensée magique).

Il est au centre de l’univers et pense qu’il est responsable de la mort de son papa ou de sa maman. (« je me suis disputé avec maman hier soir, c’est à cause de moi si elle est morte »).

L’enfant peut à cet âge présenter des troubles de régressions (uriner dans son lit, dormir au lit avec papa…), et une certaines agressivité (la colère sort).

L’enfant est préoccupé par les changements du quotidien (déménagement, changement d’école, maman qui commence un travail…)

 

De 6 à 8 ans, l’enfant prend conscience de l’irréversibilité de la mort, il commence à comprendre le cycle de la vie.

Il éprouve un sentiment de honte par sa différence d’avoir perdu son papa ou sa maman. Il essaye de masquer.

Il n’ose pas montrer les sentiments pour protéger l’adulte (je veux pas faire pleurer maman…), il adopte une attitude de prise en charge du parent restant.

L’enfant comprend que la mort est irréversible mais au fond de lui espère que son proche va revenir.

 

De 8 à 12 ans, l’enfant prend conscience de sa propre mort.

Il commence à avoir des questions sur l’existence et le sens de la vie.

Il prend conscience de l’impact de la mort de son proche, et a besoin de comprendre les vraies causes de la mort de son proche.

Il laisse transparaître une indifférence pour préserver sa pudeur.

 

Le deuil chez l’enfant est il particulier ?

Oui

Le deuil chez l’enfant est une aberration pour lui. Il interfère dans son développement : diminution des résultats scolaires, de l’envie…

Il dépend étroitement de celui de l’entourage : quel place il a eu dans ce deuil, comment le parent vit son deuil….

Le deuil chez l’enfant est multiple, il existe comme chez l’adulte les pertes secondaires : déménagement, changement d’école, modification du rythme de vie…

 

Quel est le déroulement du deuil chez mon enfant ?

Le même que l’adulte mais avec des spécificités :

La sidération : l’enfant peut comme l’adulte ne pas dégager d’émotions à l’annonce la mort.

La phase dépressive : l’enfant peut continuer à jouer « l’impression que la perte n’a pas affect sur lui » et développer une hyperactivité. Les émotions du deuil sortent par le corps de l’enfant.

La restructuration : le deuil n’est jamais terminé pendant l’enfance. Il est repris au moment de l’âge adulte à l’occasion d’une confrontation à l’attachement : nouveau deuil, séparation, naissance d’un enfant …

Quelles sont les complications habituelles ?

Le déni de la mort de son proche qui peut aller jusqu’à l’amnésie.

Les troubles du sommeil.

Les troubles de la concentration et de la mémorisation.

Une anxiété.

Une culpabilité intense.

Des conduites régressives.

Une hyper-vigilance, hyperactivité.

On s’inquiète quand les troubles s’enkystent dans le temps.

 

Comment aider mon enfant dans son deuil ?

Vouloir protéger son enfant est une chose normale pour un parent.

Les enfants sont souvent conscient du drame qui arrive. Ils doivent être inclus en tant que personne.

Tenir un enfant à l’écart de la maladie grave ou d’un deuil c’est lui voler une partie de son puzzle.

L’air de rien l’enfant est une vraie éponge. Il entend tout et comprend beaucoup de chose.

L’enfant a besoin de la confiance d’une personne adulte.

Cependant pour dire les choses le parent doit être en capacité de les dires.

« Ceux qui évitent le combat sont plus grattements blessé que ceux qui y participent » Oscar Wilde

En ce qui concerne les rituels, l’enfant peut y participer sans problème. C’est inscrire le moment dans  sa vie même si le souvenir n’est pas forcément présent (« quand j’étais petit…. »)

Cacher la vérité à l’enfant est source d’angoisse (l’adulte ne protège pas son enfant mais cède a sa propre impuissance à trouver les mots pour dire que « la mort »).

Un enfant n’a pas les réticenses que nous les adultes avons, l’enfant à une relation simple et naturelle avec la mort.

Attention : il ne s’agit pas de tout dire, il faut suivre le rythme de l’enfant.

Dire que l’enfant est trop petit pour comprendre est également une idée fausse.

La compréhension de la mort est précoce chez l’enfant (elle révèle plus d’un mystère), il n’a pas le même vécu de deuil que chez l’adulte.

Il peut être triste à 15h00 et totalement joyeux à 16h00.

 

Cet article vous donne une approche pour aider votre enfant.

Le deuil est un processus normal et non une pathologie.

Les Associations Vivre Son Deuil organisent des ateliers pour les enfants endeuillés. Les bénévoles sont formés à l’animation de l’atelier pour les enfants de 3 ans à 13 ans.

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